L'orgue historique de la cathédrale Saint-Christophe

L'histoire de la cathédrale Saint-Christophe (anciennement Collégiale Saint-Denis) débute en 1727. En 1750, l'église encore inachevée (les deux tours seront construites l'une en 1754, l'autre en 1845) devient le point de départ de la « ville neuve » de Belfort.

  Le 7 août 1749, la ville commande à Joseph Valtrin, facteur d'orgue à Porrentruy (Suisse), un instrument classique de type français. En 1752, celui-ci est posé sur une tribune au-dessus de la porte principale. L'orgue, orné de sculptures dorées, possède trente jeux et deux tremblants répartis sur trois claviers : positif (huit jeux), grand orgue (douze jeux), écho (cinq jeux) et pédale (cinq jeux). Les anges musiciens en bois doré qui couronnent le grand orgue seraient très certainement d'origine dûs à Antoine Cupillard, lequel réalisa bon nombre des sculptures sur bois et sur pierre de l'église.

Après la révolution, l'orgue qui a miraculeusement survécut nécessite des réparations urgentes. Celles-ci sont confiées en 1816 aux Callinet, célèbres facteurs établis en Alsace. François Callinet augmente l'étendue des claviers de deux notes (ut dièse et ré), refait le mécanisme de la pédale et avance le buffet de trois pieds afin de mieux protéger l'orgue de l'humidité. En 1848 Joseph Callinet entreprend une importante restauration : l'élargissement de l'instrument et l'installation du récit au-dessus du grand orgue.

Pendant la guerre de 1870 et au cours du siège de Belfort les Prussiens causent d'importants dégâts à l'instrument. Claude-Ignace Callinet intervient sur l'orgue, lequel prend une couleur romantique et un caractère symphonique typique du goût de la deuxième moitié du 19ème siècle. De cette époque et jusque vers 1929 l'orgue de Saint-Christophe possède une quarantaine de jeux.

Dans la première moitié du 20ème siècle, des mains inexpertes modifient l'orgue. En 1966 une violente tempête provoque la chute d'un mur de brique sur l'instrument. Les dégâts causés sont considérables et rendent l'orgue inutilisable. La restauration est confiée aux Etablissements Schwenkedel de Strasbourg. Michel Chapuis est l'expert désigné par la ville de Belfort. Deux mille deux cent soixante deux tuyaux sont démontés. La réparation permet une rénovation conforme au passé de l'orgue. Les possibilités de l'instrument sont augmentées, la pédale étoffée. Le 7 mai 1971 Michel Chapuis procède à l'inauguration.

L'orgue de Saint-Christophe compte aujourd'hui trois mille six cents tuyaux répartis en cinquante deux jeux, quatre claviers manuels et un pédalier. Il est, dans sa totalité, classé Monument Historique. Jean-Charles Ablitzer en est le titulaire depuis 1971.

d'après Colette Bertault